Un dégât des eaux survient dans un appartement en location. Le locataire appelle son assureur, qui lui répond que le sinistre relève du propriétaire. Le propriétaire contacte le sien, qui renvoie vers l’assurance du locataire. Ce ping-pong est fréquent, et il découle presque toujours d’une méconnaissance de la répartition des rôles entre assurance locataire et assurance bailleur. Comprendre qui doit assurer quoi permet d’éviter les trous de garantie, les litiges et les frais restés à charge.
Ce qui change au 1er octobre 2026 pour le contrat de bail
Avant de détailler les obligations de chacun, un point d’actualité mérite votre attention. Le décret n° 2026-596 du 6 juillet 2026 modifie le contrat type de bail pour les baux conclus ou renouvelés à partir du 1er octobre 2026.
Jusqu’ici, l’obligation d’assurance du locataire existait dans la loi, mais les conséquences d’un défaut d’assurance restaient peu encadrées dans le bail lui-même. Le nouveau contrat type pourra désormais inclure une clause résolutoire spécifique en cas de non-souscription de l’assurance des risques locatifs. En pratique, cette clause ne produit effet qu’un mois après un commandement resté sans réponse. Elle ne permet pas au bailleur d’expulser le locataire sans passer par la voie judiciaire.
L’enjeu est concret : le défaut d’assurance du locataire devient un motif de résiliation de bail au même titre que les impayés ou le non-versement du dépôt de garantie. Pour les bailleurs, cela signifie un levier procédural plus clair. Pour les locataires, cela rend la souscription encore moins négociable.
Assurance habitation locataire : garanties obligatoires et garanties utiles
Le locataire d’un logement loué avec un bail d’habitation (y compris un bail mobilité) a l’obligation de souscrire une assurance habitation. Le minimum légal couvre les risques locatifs : incendie, dégât des eaux et explosion. Ce sont les dommages que le locataire pourrait causer au logement du propriétaire.
Cette garantie minimale ne couvre que les dégâts sur le bien loué. Elle ne protège ni les biens personnels du locataire, ni les dommages causés aux voisins.
Les garanties complémentaires à envisager
Au-delà du minimum légal, plusieurs protections méritent d’être ajoutées au contrat :
- La responsabilité civile vie privée, qui couvre les dommages causés aux tiers (voisins, visiteurs). Elle est souvent incluse dans les contrats multirisques habitation, mais vérifiez sa présence explicite.
- La garantie vol et vandalisme, qui protège les biens personnels du locataire en cas d’effraction.
- La garantie bris de glace, utile si le logement comporte de grandes baies vitrées ou des vérandas.
- La protection juridique, qui prend en charge les frais de litige avec le bailleur ou un voisin.
Un contrat multirisques habitation regroupe ces garanties dans une seule police. Son coût reste modéré pour un locataire : comptez quelques dizaines d’euros par mois selon la surface, la localisation et le niveau de couverture choisi.

Assurance propriétaire non-occupant (PNO) : quand le bailleur doit aussi s’assurer
Vous êtes propriétaire d’un logement que vous mettez en location. Avez-vous besoin de votre propre assurance alors que le locataire est déjà assuré ? La réponse dépend de votre situation en copropriété.
En copropriété, la responsabilité civile est obligatoire
Si le bien se trouve dans une copropriété, le bailleur doit obligatoirement souscrire une assurance responsabilité civile. Cette obligation couvre les dommages que ses parties privatives pourraient causer aux autres copropriétaires, aux locataires ou aux parties communes.
Par exemple, une fuite provenant d’une canalisation encastrée dans le mur de votre appartement, qui endommage le plafond du voisin du dessous, relève de votre responsabilité de propriétaire, pas de celle du locataire.
Hors copropriété, l’assurance PNO reste vivement recommandée
Pour une maison individuelle louée, aucune obligation légale n’impose au bailleur de souscrire une assurance PNO. En revanche, trois situations courantes justifient cette assurance :
- La vacance locative : entre deux locataires, aucune assurance habitation ne couvre le logement. Un incendie, un dégât des eaux ou une tempête pendant cette période reste entièrement à la charge du propriétaire non assuré.
- Le défaut d’assurance du locataire : malgré l’obligation légale, certains locataires ne renouvellent pas leur contrat. L’assurance PNO prend alors le relais.
- Les limites de la garantie du locataire : si le sinistre provient d’un vice de construction ou d’un défaut d’entretien du gros œuvre (toiture, canalisations vétustes), l’assurance du locataire ne couvre pas ces dommages. Seule la PNO du bailleur intervient.
Sinistre en location : quelle assurance contacter en premier ?
C’est la question qui génère le plus de confusion. Un sinistre survient dans le logement loué. Qui déclare quoi, et à qui ?
Dégât des eaux : le cas le plus fréquent
Le locataire déclare le sinistre à son propre assureur dans un délai de cinq jours ouvrés. Il remplit un constat amiable de dégât des eaux s’il y a un voisin impacté. Son assureur indemnise les dommages sur ses biens personnels et sur le logement (dans la limite des risques locatifs).
Si l’origine du sinistre est un défaut structurel du bâtiment (canalisation commune, toiture défaillante), c’est l’assurance PNO du propriétaire ou l’assurance de la copropriété qui prend en charge les réparations.
Incendie ou explosion
Le locataire est présumé responsable sauf s’il prouve que le sinistre provient d’un vice de construction, d’un cas de force majeure ou de la propagation d’un feu né chez un voisin. L’assurance des risques locatifs du locataire intervient en premier. Le bailleur contacte son assurance PNO si la responsabilité du locataire est écartée ou si les dommages dépassent les plafonds de garantie du locataire.

Catastrophe naturelle ou tempête
L’ANIL recommande, en cas de phénomène climatique, de traiter rapidement la déclaration, l’indemnisation et l’expertise avec l’assureur. Locataire et propriétaire déclarent chacun à leur propre assureur. Le locataire pour ses biens et les dommages locatifs, le propriétaire pour le bâti et les éléments structurels.
Pièges courants et critères pour bien choisir son contrat
Les erreurs les plus fréquentes ne viennent pas d’un refus de s’assurer, mais d’une mauvaise lecture des contrats.
Sous-évaluer le capital mobilier
Beaucoup de locataires déclarent un montant de biens mobiliers inférieur à la réalité pour réduire la prime. En cas de sinistre, l’assureur applique une règle proportionnelle : si vous avez déclaré la moitié de la valeur réelle, vous ne serez indemnisé qu’à hauteur de la moitié des dommages.
Confondre franchise et plafond d’indemnisation
La franchise, c’est la somme qui reste à votre charge à chaque sinistre. Le plafond, c’est le montant maximum que l’assureur versera. Un contrat avec une prime basse affiche souvent des franchises élevées et des plafonds bas. Comparer uniquement les tarifs mensuels sans regarder ces deux paramètres est une erreur coûteuse.
Oublier la clause de renonciation à recours
Certains contrats PNO incluent une clause de renonciation à recours contre le locataire. En clair, l’assureur du propriétaire indemnise le sinistre mais ne se retourne pas contre le locataire fautif. Cette clause peut réduire la prime du bailleur, mais elle mérite d’être comprise avant la signature.
Critères de choix pour comparer les contrats
Que vous soyez locataire ou bailleur, quatre points méritent une lecture attentive avant de signer :
Le périmètre des garanties incluses (risques locatifs seuls ou multirisques). Le montant des franchises par type de sinistre. Les plafonds d’indemnisation pour le mobilier et le bâti. Les délais d’indemnisation annoncés et les conditions d’expertise.
Demander plusieurs devis reste le moyen le plus fiable d’identifier les écarts entre contrats comparables. Les primes varient significativement d’un assureur à l’autre pour des garanties similaires, en fonction de la localisation du bien, de sa surface et de son ancienneté.
Pour clarifier votre situation et obtenir une proposition adaptée, remplissez le formulaire de demande de devis gratuit ci-dessous. Un professionnel vous rappellera pour analyser vos besoins en assurance habitation, que vous soyez locataire ou bailleur.